RETOUR SUR LE MAUDIT SEQUESTRE AYANT FRAPPE BENIHABIBI

Notre grand frère Hosni , toujours vaillant, généreux et disponible, a évoqué, dans un des commentaires se rapportant au livre « la Kabylie orientale dans l’histoire »,  un aspect de l’histoire de notre commune qui nous fait mal et qui est à la source de notre malheur jusqu’ au jour d’aujourd’hui : le SEQUESTRE.

La question est importante  pour tout Hbibatni pour la laisser passer en catimini. Elle donne vie à des informations vitales pour nous autres , mais qui sont restées prisonnières des cartons d’archives par la faute des chercheurs et historiens  qui tombent dans la facilité en rabâchant toujours les mêmes sources.  Il me parait même insultant vis-à-vis de ceux qui vivent sur des terres appartenant à leurs ancêtres mais qui sont, pourtant, sans statut  jusqu’à présent, de ne pas réserver à ces commentaires une place à part entière parmi les sujets de notre blog.

Merci encore Hosni pour cet éclairage, et je vous promets de traduire ce travail magnifique vers l’arabe, pour toucher le plus grand nombre de personnes, en essayant de retranscrire selon les appellations originelles, autant que je peux , les noms des personnes et des lieux  .

Azzedine

 

A la demande de mon Ami Azzedine je vous propose ces informations sur le SEQUESTRE

En ce qui concerne le séquestre collectif
Le séquestre a été établi sur la tribu des Bni Habibi le 3 juillet 1872. La tribu n’a pas été admise au rachat en argent, mais en terre. C’est-à-dire qu’elle doit céder au domaine 1/5ème de ses terres. La liquidation du séquestre a duré 6 ans. C’est le 30 novembre 1877 que le commissaire au séquestre a établi les plans des parties à céder à l’Etat. Le gouverneur général a pris la décision de donner la main levée le 30 septembre 1878. C’est à partir de cette date que les terres ont été libérées.
Le reste du territoire , soit les 4/5ème sont libérées. Les tribus peuvent les cultiver. Entre 1872 et 1878, les Bni Habibi, pour cultiver leurs terres, faire la cueillette des olives et des fruits de leurs arbres ils ont dû payer Hayen 810 francs par an et Oum Aggrioun 1180 francs par an. La base de calcul pour ces baux de location s’établit comme suit : Olivier : 0.50 francs ; figuier, 0.20 francs, maison de pierre 3.50 francs et gourbi 6francs et 7 francs par hectare de terre cultivable.
Je n’ai pas encore retrouvé les plans des terres prises par l’administration. Celles-ci ont été ensuite cédées à la commune de Taher.

En ce qui concerne le séquestre individuel
J’ai retrouvé dans les archives du séquestre, la mise en adjudication des terres de quelques personnages séquestrés originaires des Bni Habibi
1/ Un gourbi avec terrain à Elahachich, un petit jardin avec terrain en broussailles, et deux terres de labour au même lieu, une parcelle de terre à Eukeld Nazouzi, une autre parcelle à Ouer dou Boukihil, 1/3 indivis d’un terrain à Ouagled, un autre terrain au même lieu, et 25 oliviers sur le Communal.
0.40 Ha, Douar Hayen. Ancien propriétaire : Khalfa Ben Bou M’zaïz.
Mise à prix : 150 Fr, Prix adjudication : 150 Fr. Adjudicateur : Amar Ben Ferhat au Douar Hayen.

2/ Droit de jouissance sur 2/9 indivis d’une prairie de terre de labour et Sorghos, et d’une autre prairie et Sorgho à Aïlman.
0.19 Ha, Douar Hayen. Ancien propriétaire : Salah Ben Bou Dour.
Mise à prix : 20 Fr, Prix adjudication : 25 Fr. Adjudicateur : Ali Ben Belkacem Ben Bou Dour du Douar Hayen.

3/ 1/7 indivis d’une terre inculte à Siara, 1/6 indivis d’une terre de labour au même lieu, terre de labour à Ataïra, ¼ indivis d’une autre terre au m^me lieu, 3/2 indivis d’une terre de labour à Aït Chabah Doui, 3/2 indivis d’une terre avec arbres fruitiers et 25 oliviers à Amalia Di Tharyen.
0.31,25 Ha, Douar Hayen. Ancien propriétaire : Belkacem Ben Mabrouk.
Mise à prix : 50 Fr, Non adjugé, faute d’enchérisseur.

4/ 1/7 indivis de 2 prairies à El Oraba, de 2 prairies à El Djeuheur, et d’une prairie à fi Médaïa, 1/7 indivis d’une terre de labour à K’nater, 1/7 indivis d’une terre de labour et prairie à Betour, d’une prairie à Di Ouldjar, d’un gourbi à Archibadi Sidi Ouaratch, avec terrain environnant, d’une jardin et terrain au même lieu, d’une autre prairie à Sia Ourat, de leurs terres à Yarri et Meritza, d’une prairie à Kioudan, et de 20 oliviers aux lieux dits Enkold Si Oued, Meritza, Ouadi Mena et El Ariefla.
0.65,10 Ha, Douar Hayen. Ancien propriétaire : Braham Ben El Amar.
Mise à prix : 100 Fr, Non adjugé, faute d’enchérisseur.

5/ Un terrain avec gourbi et un jardin à Sibl, 2 parcelles de labour à Teira, un gourbi, un terrain vacant, une parcelle de labour, 1/44 indivis d’une terre de labour à Rerfen, 2 parcelles de labour à El Afia, ½ indivis d’une terre de labour à Di Kera, une autre terre complantée en fèves à Aouinet.
161,99 Ha, Douar Oum Aghrioun. Ancien propriétaire : Mohamed Ben Bou Ghaba.
Mise à prix : 300 Fr, Prix adjudication : 310 Fr. Adjudicateur : Ahmed Ben Cheriet à Djidjeli..

6/ Un gourbi à El Aziba, une terre de labour au même lieu, ½ indivis d’une terre de labour à Aïn Dalia, ¼ indivis d’un gourbi et d’un terrain aux Ouled Younès, 30 oliviers disséminés.
2.91,87 Ha, Douar Oum Aghrioun. Ancien propriétaire : Ali Ben Oudina.
Mise à prix : 300 Fr, Prix adjudication : 310 Fr. Adjudicateur : Ali Ben Belkacem Ben Oudina,

Bonne lecture
H. Kitouni

2 commentaires pour RETOUR SUR LE MAUDIT SEQUESTRE AYANT FRAPPE BENIHABIBI

  1. Djeha Mokhtar dit :

    Merci pour l’auteur de ce travail ô combien méritoire et à si Boukhil qui s’est chargé de le répercuter sur les habibatni, avec une traduction qu’il compte faire. On en apprend des choses sur les terres de nos ancetres et sur les souffrances et persecutions que ces derniers ont endurées.

    J'aime

  2. Karim d'Alger dit :

    Merci pour cet éclaircissement que, personnellement, je juge très utile. Toutefois, je voudrais bien savoir, dans la mesure du possible, la situation exacte de l’endroit que vous avez cité dans la troisième partie des terres séquestrées, qu’est Aït Chabah Doui.

    Sachant bien que la majeure partie de la toponymie des lieux de notre région est à consonance berbère. Mais il m’est jamais arrivé de rencontrer une telle appellation (commençant par Aït)

    Encore une fois, je vous remercie pour tout le travail que vous êtes entrain de faire au profit de notre chère région, restée méconnue jusqu’à un passé très récent.

    Mes salutations distinguées.

    Un gars originaire d’Ajdir.

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